La Liberté

Susie, dix ans, toutes ses dents et bien plus encore.

Légende photo : New Jersey, années 1950, Susie est « la petite dernière » des trois filles Morgenstern. © Dargaud
Légende photo : New Jersey, années 1950, Susie est « la petite dernière » des trois filles Morgenstern. © Dargaud
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23.06.2021

L’article en ligne – BD » Dans l’adaptation en BD de La petite dernière de Susie Morgenstern, cette dernière raconte l’année de ses dix ans, déterminante pour le reste de sa vie.

Margot Knechtle

Vous souvenez-vous de l’année de vos dix ans ? Susie Morgenstern, elle, s’en rappelle bien. Selon elle, c’est l’année qui a été déterminante pour le reste de sa vie, et c’est avec les dessins de Johann G. Louis qu’elle la raconte dans la merveilleuse BD La petite dernière.
Nous sommes dans une petite ville du New Jersey dans les années 1950 lorsque nous faisons la rencontre de Susie, petite fille de 10 ans, qui rentre de l’école. Arrive l’heure de souper, l’occasion pour le lecteur de prendre la température et de faire la rencontre du reste de la famille : Susie a deux sœurs, la grande Sandra, 18 ans, que seuls les garçons semblent l’intéresser et Effie, 14 ans, la rigolote de la famille, toujours un commentaire facétieux à la bouche. Avec le papa, la cigarette aux lèvres et la maman, la maman à l’amour inconditionnel, qui a comme jolie habitude d’appeler ses filles « mes trois mondes », les Morgenstern forment une famille juive non-conformiste et fière de ses traditions. Car oui, même si Susie adore les décorations de Noël, les Morgenstern ne le fêtent pas, et la fillette de 10 ans n’a aucune peine à l’expliquer à ses amies. 
Les événements s’enchaînent, et on comprend sans problème en quoi cette année-là a été significative pour Susie. Des voisines – des artistes, en plus – qu’on appelle « les sorcières » car vivant en ménage ensemble, manger des hotdogs pas casher en douce ou l’achat d’un poste de télévision, on suit Susie apprendre la vie au fil des saisons, entre petits bonheurs et malheurs. Et si les sœurs se disputent parfois (« - C’est moi qui prends ma douche la première ! – J’étais là avant ! », « Alors on a tout dit à maman ? On est une petite cafteuse ! »), la famille est soudée rien ne saurait en faire autrement. Leurs liens se consolident de jour en jour, à chaque épreuve à laquelle elle se retrouve confrontée. Que ce soit le décès d’un membre de la famille, l’accueil temporaire des cousins venus d’Europe ou les insultes antisémites que subit Susie à l’école, l’ouvrage déborde de bienveillance, de réconfort et d’amour.


Il transpire d’émotions positives
Il serait impossible de résumer l’histoire en quelques lignes, tant l’histoire est riche. Que ce soit en événements ou en sentiments, la richesse et la sincérité des planches nous prennent aux tripes. On devine le plaisir de Johann G. Louis d’avoir mis en dessin cette histoire. On devine les larmes et la joie de Susie Morgenstern à ressasser ces souvenirs et sa fierté à les avoir mis sur papier. Et nous, on finit notre lecture avec le sourire aux lèvres et une boule à la gorge. Et personne d’autre que Susie elle-même ne l’explique mieux : « On dit que certaines personnes voient se dérouler toute leur vie avant de mourir. Grâce à cette adaptation, je n’ai pas besoin d’attendre la mort car, à travers elle, je me vois vivre mes dix ans. »
 

La petite dernière
Par Johann G. Louis, adapté de Susie Morgenstern
Sortie le 07.05.2021
128 pages
Dargaud
https://www.dargaud.com/bd/la-petite-derniere-bda5331350

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