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Moscou hausse le ton contre Vilnius

La tension monte autour de l’enclave russe de Kaliningrad. En Ukraine, l’armée russe progresse dans l’Est

Les restrictions imposées par les autorités lituaniennes depuis le 17 juin frappent le transit par voie ferrée de marchandises. © Keystone
Les restrictions imposées par les autorités lituaniennes depuis le 17 juin frappent le transit par voie ferrée de marchandises. © Keystone
Publié le 22.06.2022

Temps de lecture estimé : 5 minutes

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Guerre en Ukraine » Moscou a promis hier de «sérieuses» représailles contre la Lituanie après la mise en application par Vilnius de sanctions européennes liées à l’invasion de l’Ukraine.

A deux jours du sommet des dirigeants de l’Union européenne appelés à se décider sur l’octroi à l’Ukraine du statut de pays candidat au club européen que Kiev réclame à cor et à cri, le ministre des Affaires européennes français, Clément Beaune a déclaré qu’un «consensus total» avait émergé au sein des Vingt-Sept lors d’une réunion avec ses homologues à Luxembourg, pour accéder à cette requête.

Par voies ferrées

Qualifiant d’«actes hostiles» les restrictions imposées par les autorités lituaniennes sur le transit par voie ferrée de marchandises frappées par les sanctions européennes en direction de Kaliningrad, Nikolaï Patrouchev, secrétaire du Conseil de sécurité russe, a déclaré que «des mesures appropriées» seraient «adoptées prochainement». Celles-ci auraient «de sérieuses conséquences négatives pour la population de la Lituanie».

Alors que les troupes russes accentuent leur progression dans le Donbass, dans l’est de l’Ukraine, un responsable américain a annoncé à Washington que le ministre de la Justice des Etats-Unis, Merrick Garland, était en visite surprise à Kiev. Il devait discuter avec la procureure générale ukrainienne des «efforts américains et internationaux pour aider l’Ukraine à identifier, appréhender et poursuivre les personnes impliquées dans des crimes de guerre et d’autres atrocités en Ukraine».

Centre de la confrontation

Dans l’est de l’Ukraine, les Russes «contrôlent entièrement» le village de Tochkivka sur la ligne de front, à quelques kilomètres de Severodonetsk et Lyssytchansk où les combats font rage, a reconnu le chef du district de Severodonetsk, Roman Vlasenko.

Cette région est presque entièrement contrôlée par les forces de Moscou. Seule la poche de résistance ukrainienne autour de Lyssytchansk et Severodonetsk échappe encore au contrôle de l’armée russe.

Selon M. Vlasenko, «les combats font rage autour de la zone industrielle» de Severodonetsk, où, d’après les autorités locales, 568 personnes sont désormais réfugiées à l’intérieur de l’usine Azot. La prise de la ville par Moscou serait une étape importante vers la conquête de l’intégralité du Donbass.

Destructions énormes

Le gouverneur de la région de Lougansk, Serguiï Gaïdaï, a fait état de son côté de «destructions catastrophiques à Lyssytchansk», ville jumelle séparée de Severodonetsk par la Donets, rivière infranchissable depuis que les ponts y ont été détruits.

Subissant des bombardements quotidiens, la région est depuis plusieurs semaines le théâtre de violents combats d’artillerie entre forces russes et ukrainiennes. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a exhorté l’armée ukrainienne à «tenir». Il a jugé que l’issue de la guerre dépendrait de sa résistance et de sa capacité à freiner l’armée russe et à lui infliger des pertes.

Dans la région de Kharkiv (nord-est), le gouverneur Oleg Synegoubov a annoncé que 15 personnes ont été tuées hier et 16 blessées sous le feu de l’artillerie russe.

Disant «apprécier les efforts» de Berlin pour aider militairement Kiev, le ministre de la Défense ukrainien Oleksiï Reznikov a annoncé la réception de canons d’artillerie automoteurs allemands Panzerhaubitze 2000.

Nouvelle avancée

Plusieurs villes du Donbass encore sous le contrôle de Kiev se préparent à une nouvelle avancée des troupes russes, comme Sloviansk et Kramatorsk, à l’est de Severodonetsk.

Sur le plan militaire, toujours, la Russie a affirmé avoir repoussé une «folle» tentative des forces de Kiev de reprendre l’île aux Serpents. L’Ukraine a indiqué hier avoir visé la veille des plateformes de forage d’hydrocarbures en mer Noire, utilisées selon elle comme «installations» militaires par les Russes pour renforcer leur contrôle dans la région.

Les «héros» de Poutine

«Nous sommes fiers qu’[en Ukraine], nos combattants agissent avec courage, professionnalisme, comme de véritables héros», a déclaré le président russe Vladimir Poutine lors d’une allocution au Kremlin devant les jeunes diplômés des académies militaires russes et les plus hauts cadres de l’armée.

A Moscou, un tribunal a entamé hier le procès d’un élu municipal, Alexeï Gorinov, accusé de «diffusion d’informations mensongères» après avoir critiqué l’offensive en Ukraine. Ce chef d’accusation pourrait lui valoir 10 ans de prison, et l’organisation de défense des droits de l’homme Amnesty International a appelé à sa libération immédiate, dénonçant «un procès à haute visibilité» visant à envoyer un «message dissuasif». ats/afp


La Russie miserait tout sur la famine

Margarita Simonyan est la directrice de la principale chaîne de la télévision publique russe, RT. Ce média est proche du pouvoir et sert donc également de propagande au régime russe. Dans le contexte de la guerre en Ukraine, l’Union européenne a d’ailleurs décidé d’interdire la diffusion de la chaîne à l’étranger.

En plus d’être responsable de RT, Margarita Simonyan est également connue pour être proche de Vladimir Poutine. Elle était d’ailleurs à ses côtés, la semaine dernière, lors du Forum économique international de Saint-Pétersbourg. Comme le relaient nos confrères du Laatste Nieuws, la jeune femme a fait quelques révélations au sujet de la guerre en Ukraine. Concernant la stratégie tout d’abord, elle a assuré que Moscou «mise tous ses espoirs sur la famine». C’est en tout cas sorti de la bouche «plusieurs fois de la part de différentes personnes», a-t-elle déclaré. «Cela signifie que la famine va commencer maintenant et qu’ils [les Occidentaux] lèveront les sanctions et redeviendront amis avec nous parce qu’ils comprennent qu’il n’y a pas d’autre moyen». Pour rappel, l’Ukraine et la Russie représentent 30% des exportations mondiales de blé. En bloquant les stocks ukrainiens, les Russes joueraient sur le chantage à la faim. ats/afp

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