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Tests cognitifs à l’Unifr: Les singes de laboratoires seront mieux traités

L'Université de Fribourg, via le Swiss Non-Human Primates Competence Center for Research, a mis au point de nouvelles méthodes pour les tests cognitifs sur les singes de laboratoire. Elles améliorent «nettement» le bien-être des animaux.

L’Unifr se réjouit d’une «belle réussite qui prouve que la recherche de pointe et celle sur l’amélioration du bien-être animal ne sont pas opposées, mais complémentaires.» © Université de Fribourg
L’Unifr se réjouit d’une «belle réussite qui prouve que la recherche de pointe et celle sur l’amélioration du bien-être animal ne sont pas opposées, mais complémentaires.» © Université de Fribourg

ATS

Publié le 13.06.2024

Au lieu d’avoir un système d’encrage implanté sur la surface du crâne pour stabiliser et maintenir la tête lors d’une tâche visuelle, les primates pourront lors de futures expérimentations poser leur menton sur un support et marquer des pauses à leur gré, a indiqué l’Unifr à propos des travaux de l’équipe de recherche.

Celle-ci est dirigée par le professeur Michael Schmid, précise le communiqué publié jeudi. Au cours des deux tests réalisés, les macaques se sont même montrés davantage disposés à participer. En plus d’accroître le bien-être animal, l’innovation fournit de meilleures connaissances scientifiques, selon le SPCCR.

Impression 3D

Le laboratoire du professeur Schmid dévoile donc une nouvelle approche pour la recherche biomédicale sur des primates non-humains: le recours à une mentonnière imprimée en 3D. Déjà utilisée avec des chiens et des humains, celle-ci améliore la finesse des analyses, accroît la persévérance des singes et renforce la protection animale.

La mentonnière garantit une mesure précise des mouvements oculaires pour des études sur les fonctions cognitives. Elle permet aux primates de participer volontairement aux expériences ou de s’en retirer. La méthode favorise aussi des pratiques plus éthiques et augmente l’efficacité de l’entraînement en alliant précision scientifique et progrès en matière de protection des animaux.

Jusqu’ici, la méthode consistait à implanter un système d’encrage en titane sur la surface du crâne pour stabiliser et maintenir la tête et pouvoir ainsi obtenir des mesures exactes. Bien que pratiquées de façon à ce que les singes souffrent peu, ces interventions restaient lourdes, avec des répercussions visuelles fortes et un risque d’infection postopératoire.

Maladie de la vue

La nouvelle approche étant plus économique et moins invasive, elle sera «certainement» adoptée par des laboratoires d’expérimentation d’autres établissements de recherche. Pour l’Unifr, il s’agit d’une «belle réussite qui prouve que la recherche de pointe et celle sur l’amélioration du bien-être animal ne sont pas opposées, mais complémentaires.»

Ces techniques invasives, qui constituent la norme, cèdent désormais la place à des instruments non invasifs comme des masques faciaux ou des supports de tête. L’objectif consiste à mieux protéger les animaux, tout en tenant compte des considérations éthiques, rappelle le communiqué.

L’équipe de recherche étudie les circuits cérébraux du système visuel, afin de comprendre comment l’on voit et comment améliorer la vision de personnes atteintes de maladies de la vue. A cet effet, elle travaille avec des primates non-humains dont les mouvements oculaires sont mesurés avec précision.

Dans ce domaine, les macaques rhésus jouent un rôle crucial en raison de la similarité entre leur système visuel et celui de l’être humain.

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